Tout sur le changement climatique

changement climatique

Le changement climatique n'est pas une prévision, c'est d'abord une série de mesures. La plus célèbre commence en 1957-1958, à l'occasion de l'Année géophysique internationale : un observatoire est installé au sommet du Mauna Loa, à Hawaï, loin de toute source de pollution, pour mesurer la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère.

Courbe du réchauffement climatique

Les relevés, poursuivis sans interruption depuis, dessinent deux mouvements. Une oscillation annuelle d'abord : la concentration baisse au printemps et en été de l'hémisphère nord, quand la végétation absorbe, et remonte l'hiver. C'est la respiration de la planète, et elle est visible à l'œil nu sur le graphique.

Une pente ascendante ensuite, régulière et qui s'accélère. La concentration est passée d'environ 315 parties par million en 1958 à plus de 420 aujourd'hui, contre 280 avant l'ère industrielle. Les carottes glaciaires permettent de remonter 800 000 ans en arrière : sur toute cette période, la valeur n'avait jamais dépassé 300.

Mécanisme en trois phrases

Le rayonnement solaire traverse l'atmosphère et chauffe la surface. Celle-ci réémet vers le ciel un rayonnement infrarouge. Certains gaz, vapeur d'eau, gaz carbonique, méthane, protoxyde d'azote, absorbent ce rayonnement et le réémettent dans toutes les directions, dont vers le bas. C'est l'effet de serre, sans lequel la température moyenne du globe serait d'environ moins 18 degrés.

Le problème n'est donc pas l'effet de serre, c'est son renforcement. Chaque gaz a un pouvoir de réchauffement et une durée de vie propres : le méthane est beaucoup plus puissant que le gaz carbonique mais se dégrade en une douzaine d'années, tandis qu'une part du gaz carbonique émis aujourd'hui sera encore là dans 1 000 ans. Cette asymétrie explique pourquoi agir sur le méthane produit un effet rapide, et pourquoi seul le gaz carbonique engage le long terme.

Effets déjà observés du changement climatique

Une hausse de la température moyenne mondiale de l'ordre de 1,2 degré depuis l'ère préindustrielle, plus marquée sur les continents et aux hautes latitudes. Un recul généralisé des glaciers de montagne et de la banquise arctique d'été. Une élévation du niveau de la mer, due pour moitié à la dilatation thermique de l'eau et pour moitié à la fonte des glaces continentales. Une acidification des océans, conséquence directe de l'absorption du gaz carbonique. Et un déplacement des aires de répartition de nombreuses espèces, vers le nord et vers l'altitude.

Sur les événements extrêmes, la science d'attribution permet désormais de quantifier la part du réchauffement dans une canicule ou une pluie diluvienne donnée. Le signal est net sur les vagues de chaleur, plus nuancé sur les tempêtes.

Budget carbone

C'est le concept le plus utile pour comprendre les objectifs. La température de surface répond de façon à peu près proportionnelle au cumul des émissions, pas au débit annuel. Il existe donc une quantité totale de gaz carbonique qu'on peut encore émettre pour rester en dessous d'un seuil donné. Ce budget restant se compte aujourd'hui en quelques années d'émissions mondiales au rythme actuel pour 1,5 degré, et en quelques décennies pour 2 degrés.

Cela signifie que la date de la neutralité compte moins que la surface sous la courbe : une trajectoire qui baisse tôt et lentement peut valoir mieux qu'une trajectoire qui baisse tard et brutalement.

Leviers par ordre de poids

Trois secteurs dominent : l'énergie, l'industrie et les transports, avec l'agriculture et l'usage des sols en arrière-plan. Les leviers les plus efficaces sont connus : sortir du charbon puis des autres fossiles pour produire l'électricité, isoler les bâtiments et remplacer les chaudières, électrifier les véhicules légers et réduire les distances parcourues, changer la composition de l'assiette, arrêter la déforestation.

Ces leviers relèvent pour l'essentiel de décisions collectives, réglementation, prix, infrastructures, et pour une part de choix individuels. Les deux ne s'opposent pas : les mêmes politiques échouent quand elles ne sont pas acceptées, et les mêmes gestes individuels plafonnent quand l'infrastructure ne suit pas.

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